Aperçus sur le Bénin

La République du Bénin, indépendante depuis 1960 (ancienne colonie française du Dahomey depuis 1899), est située dans la zone intertropicale entre l’équateur et le tropique du Cancer. Elle fait partie de la sous-région ouest-africaine. Le pays est situé dans le golfe de Guinée entre le Togo à l’ouest, le Nigeria à l’est, le Niger au nord-est et le Burkina au nord-ouest D’une superficie de 112 622 km², le Bénin s’étend de l’océan Atlantique au fleuve Niger sur une longueur de 700 km environ. Sa largeur varie de 125 km (le long de la côte), à 325 km (latitude de Tanguiéta, ville située dans la partie nord du pays). De manière générale son territoire national peut être qualifié d’exiguë.

Sur le plan administratif, à un niveau national, Porto-Novo revêt la fonction de capitale politique et Cotonou celle de capitale économique. Le Bénin est aujourd’hui subdivisé en 12 départements (cf. carte n°1) suite à la mise en place d’une politique de décentralisation, largement inspirée par le modèle français, lancée en 2000. A une plus petite échelle, le Bénin appartient également à deux principales organisations régionales ouest-africaines ( la CEDEAO et l’UEMOA, cf. carte n°2 et encadré) ainsi qu’à la zone Franc CFA (UEMOA – Afrique de l’Ouest – et CEMAC – Afrique centrale).

Source : Division géographique du Ministère des Affaires étrangères
Source : Division géographique du Ministère des Affaires étrangères
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Source : Division Géographique du Ministère des Affaires Étrangères, 2003, sur le site Internet www.izf.net . Source : Site officiel de l’UEMOA, www.uemoa.int/Index.htm ,Rapport sur le développement en Afrique 2000, Intégration régionale en Afrique (WOLDU GABRE M., 2000). Réalisation MARTINEZ O., 2003, à partir des logiciels Paint Shop Pro 7.0 et Photoshop 7.0.

Le relief du Bénin est peu accidenté. La seule région présentant des altitudes moyennes se trouve au nord-ouest du pays : chaîne de l’Atakora et chaînons rattachés dont le Sagbarao où se trouve le point culminant du pays ( 658 m ). Quatre formes principales caractérisent le Bénin : la plaine côtière ( 125 km d’Est en Ouest pour 4 km en moyenne du Sud au Nord), les plateaux (plateaux de terre de barre du bas-Bénin et plateaux de grès de Kandi), la pénéplaine cristalline (d’altitudes variables entre 200 et 400 m) sur laquelle on peut observer une série de collines isolées, et enfin la chaîne de l’Atakora au Nord-ouest du pays.

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Paysage du littoral : plage de Sémé-Kodji

Le climat béninois est chaud et humide. La mousson, résultant du front de convergence intertropicale, apporte la pluie. L’Alizé du Nord-est, localement appelé Harmattan, souffle pendant la grande saison sèche. Dans la partie sud du pays le climat est subéquatorial ou « béninien ». Les saisons sèches se déroulent de novembre à mars et de mi-juillet à mi-septembre, les saisons des pluies d’avril à mi-juillet et de mi-septembre à octobre. Dans le Nord, le climat est subtropical ou « soudanien ». La saison sèche se déroule de novembre à mai, la saison des pluies de juin à septembre. On peut également ajouter le climat atakorien : les températures sont plus basses, les orages plus fréquents. Cette région est parmi les plus arrosées du Bénin (à Natitingou, il pleut pratiquement d’avril à octobre).

Le peuplement du Bénin est varié, relevant de multiples phénomènes migratoires et d’une histoire longue. Par exemple, dans la partie sud du pays le peuplement de la région de Porto-Novo résulte principalement de vagues de migration successives constituées par des populations adja venues de l’ouest (royaume d’Allada) et yoruba venues de l’est. Aujourd’hui, et de manière très globale, une vingtaine de groupes socio-culturels composent la population du Bénin :

  • Sud-ouest : Adja, Ouatchi, Gen, Houeda, Houla,
  • Sud : Fon, Aizo, Tori, Toffin,
  • Sud-est : Gun et Yoruba,
  • Centre : Yoruba, Fon, Mahi,
  • Nord et Nord-est : Batombu, Dendi, Fulbe,
  • Nord-ouest : Betamaribe, Waaba, Yowa.

Cette mixité socio-culturelle n’exclut pas certains phénomènes d’acculturation sous forme de “branchements” (au sens de Amselle J.-L., 2005) pouvant donner naissance à des sentiments d’appartenance ethnique (l’ethnicité) nouvelles ou tout au moins reformulées. De manière générale on peut repérer dans le contexte social béninois des pratiques de vie qui se situent entre tradition et modernité.

Historiquement le Bénin a puisé sa force économique dans les activités d’échange et de traite (Igué J. O. et Soulé B. G., 1992)   : ce fut tout d’abord le tristement célèbre commerce du « bois d’ébène » qui a laissé place à celui de l’huile de palme, puis à l’enrichissement par la création d’une élite intellectuelle affectée à différents postes de l’administration coloniale suite à l’affiliation du pays aux territoires de l’AOF et de l’AEF (Afrique Occidentale et Afrique Equatoriale françaises). Dès la mise en place du commerce de l’huile de palme principalement assuré par les maisons de traite d’origine française, les nationaux ont développé des activités d’exportation vers le Togo et le Nigeria. La base des circuits commerciaux parallèles s’est ainsi créée et constitue un lien direct au développement du commerce de transfert. Le groupe ethnique Yoruba se spécialise le plus précocement dans ce type d’activités. De nombreux Yoruba se sont installés à Porto-Novo dans le sillage de la traite de l’huile de palme avec Lagos. Les marchandises échangées se sont ensuite diversifiées, et les transitaires Yoruba prennent principalement en main l’organisation du transfert des tissus, toiles teintes, noix de cola et perles (Igué J. O. et Soulé B. G., 1992). Le commerce du cacao, durant le conflit politique secouant le Nigeria entre 1966 et 1970 et ayant débouché sur la guerre du Biafra, a également participé à l’émancipation de certains nationaux : les Yoruba et les Guns. Aujourd’hui le transit transfrontalier entre le Bénin et le Nigeria concerne toutes sortes de marchandises. On notera l’importance du commerce de contrebande d’essence et de produits manufacturés en provenance du Nigeria et la place centrale du port de Cotonou dans l’acheminement de marchandises occidentales et notamment de voitures à destination de la sous-région ouest-africaine. Ainsi des villes comme Porto-Novo ou Cotonou se sont rapidement orientées vers les activités de stockage, de vente (à l’image du marché Dantokpa de Cotonou, le plus grand d’Afrique de l’Ouest), et de réexportation justifiant l’emploi du qualificatif d’« Etat – Entrepôt » employé par J. O Igué et B. G. Soulé au sujet du Bénin.

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Le commerce d'essence kpayo
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L’extraversion peut ainsi être considérée comme une caractéristique économique structurelle même si une bonne partie de l’agriculture du Sud-ouest alimente les villes côtières et n’est donc pas « extravertie », à l’instar de multiples services dont la densité est très importante dans cette zone. En revanche, le pays ne dispose quasiment pas de ressources primaires minières ce qui contribue sans doute à lui épargner les conflits qui agitent les pays voisins comme la question pétrolière au Nigeria.

Le secteur agricole demeure la principale activité (formelle ou informelle) de la population. Le pourcentage de ruraux est d’environ 60%. L’agriculture utilise principalement la technique du brûlis. C’est une agriculture extensive à production essentiellement vivrière.

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