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Exposition présentée au musée des ATP

Exposition présentée au musée des ATP

Panneau 1 : Présentation du Bénin
Panneau 2 : Le relief du Bénin
Panneau 3 : Peuples et croyances
Panneau 4 : Principales activités économiques
Panneau 5 : Artisanat et petits métiers
Panneau 6 : Les masques
Panneau 7 : Recyclage et récupération
Panneau 8 : L’agriculture au Bénin
Panneau 9 : Aperçus sur l’alimentation béninoise
Panneau 10 : L’association MANIOC

Panneau 1 : Présentation du Bénin

LES DATES MARQUANTES DE L’HISTOIRE BENINOISE

 1650  : Construction d’un fort par les Anglais à Ouidah.

1664  : Première installation de missionnaires à Ouidah, les capucins bretons.

1704  : La France reçoit l’autorisation de construire un fort à Ouidah.

1752  : Fondation de Porto-Novo par les Portugais.

1863  : Les Français établissent un protectorat sur Porto-Novo avec la collaboration du Roi Toffa 1 er .

1894  : Le pays devient la « Colonie française du Dahomey et de ses dépendances », par décret du président de la République française, Mr Sadi-Carnot.

1904  : Le Dahomey est incorporé à l’Afrique Occidentale Française (AOF).

1958  : La République du Dahomey est proclamée.

1960  : Indépendance de la République du Dahomey, Hubert Maga est nommé président de la république. La constitution est adoptée.

1963  : H. Maga est renversé, le pouvoir revient au colonel Christophe Soglo. Sourou Migan Apithy devient président de la République et Justin Ahomadegbé est nommé premier ministre et vice-président.

1965  : Prise du pouvoir par le général Christophe Soglo.

1967  : Coup d’Etat militaire mené par le commandant Kouandété. Un gouvernement dirigé par le lieutenant-colonel Alley est constitué.

1972  : Nouveau coup d’Etat militaire portant au pouvoir le commandant Mathieu Kérékou.

1974  : Déclaration officielle d’adhésion au marxisme-léninisme.

1975  : Proclamation de la République Populaire de Bénin. Instauration du parti unique : le Parti de la Révolution Populaire Béninoise (le PRPB).

1980  : Election par l’assemblée nationale révolutionnaire de Mathieu Kérékou à la présidence de la République.

1984 et 1989  : Réélections de Mathieu Kérékou.

1990  : Conférence nationale à Cotonou. Elle pose les principes de la future constitution. Adoption par référendum du projet de constitution instaurant un régime présidentiel ainsi que le multipartisme.

1991  : Nicéphore Soglo est élu président de la République.

1996  : Election du général Mathieu Kérékou à la présidence de la République.

2001  : Mathieu Kérékou est réélu pour un second mandat de 5 ans.

2006  : Le docteur Thomas Yayi Boni est élu président de la République.

Source : Division géographique du Ministère des Affaires étrangères

La République du Bénin, indépendante depuis 1960 (ancienne colonie française du Dahomey depuis 1899), est située dans la zone intertropicale entre l’équateur et le tropique du Cancer.

Elle fait partie de la sous-région ouest-africaine.Le pays est situé dans le golfe de Guinée entre le Togo à l’ouest, le Nigeria à l’est, le Niger au nord-est et le Burkina Faso au nord-ouest D’une superficie de 114.763 km², le Bénin s’étend de l’océan Atlantique au fleuve Niger sur une longueur de 700 km environ. Sa largeur varie de 125 à 325 km .

Porto-Novo revêt la fonction de capitale politique et Cotonou celle de capitale économique.

A l’échelle de la planète, la situation socio-économique du Bénin le place dans le groupe des PMA (Pays les Moins Avancés) .

COMPARAISON BÉNIN / FRANCE : QUELQUES GRANDS CHIFFRES

BÉNIN

FRANCE

 

POPULATION (EN 2002)

6,7 MILLIONS D’HABITANTS

(DONT PLUS DE 50 % DE MOINS DE 20 ANS)

61,4 MILLIONS D’HABITANTS

(DONT 24 % DE MOINS DE 20 ANS)

 

INDICE DE DÉVELOPPEMENT HUMAIN (2006)

0,428

(163 ÈME RANG MONDIAL SUR 177 PAYS)

0,942

(16 ÈME RANG MONDIAL SUR 177 PAYS)

 

PNB / HAB. (2005)

514 $

28 220 $

 

ESPÉRANCE DE VIE(2006)

54,3 ANS

79,6 ANS

 

TAUX DE MORTALITÉ INFANTILE (2005)

89 ‰

4 ‰

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Cotonou : milieu urbain, aperçu général
03cotzems

Cotonou : milieu urbain, circulation des zémidjans
Panneau 2 : Le relief du Bénin
semeSèmé : littoral
tanougouAtacora : cascade de Tanougou

Le relief du pays est peu accidenté. Quatre formes principales caractérisent le Bénin : la plaine côtière, les plateaux, la pénéplaine cristalline sur laquelle on peut observer une série de collines isolées, et enfin la chaîne de l’Atacora au nord-ouest du pays.

Le climat béninois est chaud et humide. La mousson, résultant du front de convergence intertropicale, apporte la pluie. L’Alizé du Nord-est, localement appelé Harmattan, souffle pendant la grande saison sèche. Dans la partie sud du pays le climat est subéquatorial ou « béninien ». Les saisons sèches se déroulent de novembre à mars et de mi-juillet à mi-septembre, les saisons des pluies d’avril à mi-juillet et de mi-septembre à octobre. Dans le Nord, le climat est subtropical ou « soudanien ». La saison sèche se déroule de novembre à mai, la saison des pluies de juin à septembre. On peut également ajouter le climat atacorien : les températures sont plus basses, les orages plus fréquents. Cette région est parmi les plus arrosées du Bénin (à Natitingou, il pleut pratiquement d’avril à octobre).lagune

Porto-Novo : lagune
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Atacora : paysage de savane et babouins
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Collines : montagnes sacrées de Savé

Panneau 3 : Peuples et croyances

Le peuplement du Bénin est varié, relevant d’une histoire longue ainsi que d’intenses phénomènes migratoires.  Par exemple, dans la partie sud du pays le peuplement de la région de Porto-Novo résulte principalement de vagues de migration successives constituées par des populations adja venues de l’ouest (royaume d’Allada) et yoruba venues de l’est. Aujourd’hui, et de manière très générale, une  vingtaine de groupes socioculturels compose la population du Bénin et se répartit globalement comme ceci :

Sud-ouest : Adja, Ouatchi, Gen, Houeda, Houla,

Sud : Fon, Aizo, Tori, Toffin,

Sud-est : Gun et Yoruba,

Centre : Yoruba, Fon, Mahi,

Nord et Nord-est : Batombu, Dendi, Fulbe,

Nord-ouest : Betamaribe, Waaba, Yowa.

Cette mixité socioculturelle n’exclut pas de nombreux phénomènes d’acculturation pouvant donner lieu à certaines formes de métissages ou encore certains « branchements culturels ». Les sentiments d’appartenance ethnique – l’ethnicité – s’en trouvent ainsi constamment renouvelés, tout au moins reformulés.

La diversité cultuelle témoigne également du caractère pluriel de la société béninoise. Les ordres de grandeur des différents cultes sont : environ deux-tiers d’animistes, 15% de musulmans et environ 22% de chrétiens (dont 19% de catholiques et 3% de protestants).

L’animisme pratiqué dans tout le pays repose sur l’idée que « Dieu » est partout. Au Bénin cette conception, fondée sur l’existence de diverses divinités, est appelée « vodoun ».

Les prêtres du culte vodoun collaborent avec les Bokonon, devins-guérisseurs pratiquant la géomancie du Fâ.

Rappelons enfin qu’il existe un important syncrétisme religieux au Bénin, au sein duquel chrétiens, musulmans et autres pratiquants de cultes monothéistes peuvent participer à diverses manifestations du culte vodoun. Cette cohabitation de croyances est évidemment repérable dans les pratiques quotidiennes des individus.

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Porto-Novo : grande mosquée
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Ouidah : cathédrale

« Né au Bénin, l’ancien Dahomey, il y aurait quatre mille ans, le culte vaudou a essaimé jusqu’aux Amériques, de la Nouvelle-Orléans au Brésil ».

Le Monde , vendredi 24 juin 2005

« S’il me fallait dire, abstraitement et en résumant, ce que sont pour moi les vôdoun, je les définirais comme étant à la fois : 1) les idées que les croyants se font de diverses puissances immatérielles émanant soit de faits de la nature, soit de personnes humaines ayant rang d’ancêtres ; 2) les lieux, matérialisés par un autel, où s’effectue la communication avec ces puissances, lesquelles forment entre elles un ensemble organisé qu’il est commode d’appeler panthéon ».

Rouget G., Bénin Initiatique vôdoun, Images du rituel

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Sud Bénin : legba

Panneau 4 : Principales activités économiques

L’agriculture est la principale activité (formelle ou informelle) de la population. Le pourcentage de ruraux est d’environ 60%. L’agriculture utilise principalement la technique du brûlis. C’est une agriculture extensive à production essentiellement vivrière cependant le coton est la filière d’exportation la plus importante et la plus viable actuellement. En dehors du coton et ses dérivés, les autres cultures de rente du pays sont le palmier à huile, le manioc, l’ananas et l’anacarde qui constituent des filières potentielles d’exportation

L’extraversion peut être considérée comme une caractéristique économique structurelle même si une bonne partie de l’agriculture du Sud-ouest alimente les villes côtières et n’est donc pas « extravertie », à l’instar de multiples services dont la densité est très importante dans cette zone. En revanche, le pays ne dispose quasiment pas de ressources primaires minières ce qui contribue sans doute à lui épargner les conflits qui agitent les pays voisins comme la question pétrolière au Nigeria.

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Atacora : feu de brousse, brûlis.
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Parakou : champ d’arachides.
Porto-Novo : bananier au centre songhaï.
Porto-Novo : manioc au centre songhaï.

Historiquement le Bénin a également puisé sa force économique dans les activités d’échange et de traite : ce fut tout d’abord le tristement célèbre commerce du « bois d’ébène » (période esclavagiste) qui a laissé place à celui de l’huile de palme, puis à l’enrichissement par la création d’une élite intellectuelle affectée à différents postes de l’administration coloniale. Dès la mise en place du commerce de l’huile de palme principalement assuré par les maisons de traite d’origine française, les nationaux ont développé des activités d’exportation vers le Togo et le Nigeria. La base des circuits commerciaux parallèles s’est ainsi créée et constitue un lien direct au développement du commerce de transit.

Aujourd’hui le transit transfrontalier entre le Bénin et le Nigeria concerne toutes sortes de marchandises. On notera l’importance du commerce de contrebande d’essence et de produits manufacturés en provenance du Nigeria et la place centrale du port de Cotonou dans l’acheminement de marchandises occidentales et notamment de voitures à destination de la sous-région ouest-africaine. Ainsi des villes comme Porto-Novo ou Cotonou se sont rapidement orientées vers les activités de stockage, de vente (à l’image du marché Dantokpa de Cotonou, le plus grand d’Afrique de l’Ouest – plus de 30.000 commerçants), et de réexportation justifiant l’emploi du qualificatif d’ « Etat-entrepôt » employé par les chercheurs J. O. Igué et B. G. Soulé au sujet du Bénin.

On retiendra de manière générale que le secteur tertiaire béninois contribue à plus de 50 % à la richesse intérieure du pays. Estimation vraisemblablement sous-estimée dans la mesure où le secteur informel est très largement développé et occupe de nombreuses populations (exclusivement ou dans le cadre d’une pluriactivité).

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Cotonou : marché Dantokpa.
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Porto-Novo : engin pour transport essence kpayo.

Panneau 5 : Artisanat et petits métiers

« Le secteur de l’artisanat béninois est riche de 210 métiers, regroupés autour de 42 corps de métiers. Avec une population active de près de 630 000 personnes, l’artisanat béninois contribue à hauteur de 12% au P.I.B. et se trouve déployé dans tous les départements et communes du Bénin »

(Rapport des Journées de l’Entreprise Artisanale du Bénin, 27-28 novembre 2006 à Cotonou).

On peut distinguer trois types d’artisanat : l’artisanat de production, l’artisanat de service et l’artisanat d’art. Le cas de l’artisanat de récupération, relevant de ces trois catégories, est développé dans le panneau consacré à la récupération.

Ils revêtent une importance de plus en plus grande dans certains villages où on trouve un nombre croissant de professionnels et de coopératives d’artisans dont les activités connaissent un essor considérable.

Cet artisanat qui utilise des matières premières locales propose aux consommateurs des objets de la vie quotidienne qui vont de la vannerie (paniers, nattes, meubles de salon.) à la poterie et la métallurgie dans le Sud-Bénin.

Les spécialités des régions septentrionales sont la pyrogravure sur calebasse, le tissage et surtout le travail du cuir (chaussures, sacs, porte-monnaie, portefeuilles, fourreaux, .).

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Porto-Novo : tisserand femme.
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Porto-Novo : tisserand homme.
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Porto-Novo : tisserand homme.
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Adjarra : vannier.

ARTISANAT ET PETITS METIERS DE SERVICES

Ils revêtent différentes formes : réparation, installation d’objets finis, montage d’objets semi-finis, restauration (maquis et gargotes), mais également multiples services de la vie quotidienne (coiffure, manucure / pédicure, cireurs, vendeurs d’essence).

Ces activités de service se présentent souvent sous forme d’ateliers plus ou moins équipés le long des rues où artisans et apprentis montent et/ou réparent toutes sortes d’objets usuels : ferronnerie, soudure, mécanique générale, plomberie, horlogerie, couture.

Ce secteur connaît de nos jours une modernisation et une professionnalisation avec la création de centres de formation et l’appui d’organismes nationaux et internationaux comme Suisse Contact, GTZ.

ARTISANAT D’ART

A Abomey, le travail du cuivre est issu de la métallurgie anciennement destinée aux cultes royaux. Aujourd’hui, des artisans ne cessent de mettre en valeur cette activité : assins (autels portatifs), statuettes, sculptures en bois plaquées de feuilles de cuivre ou d’argent rivetées.

Dans les régions du département du Plateau (Sakété, Kétou, Pobè), la sculpture sur bois est l’apanage de spécialistes inspirés des cultes des divinités et des héros. Ces artisans fabriquent entre autres des masques gèlèdè et de grands tambours ornés de bas-relief.

Dans la région de Zagnanado (au centre du pays), les sculpteurs sur bois réalisent principalement des objets décoratifs (masques, figurines, statuettes) ainsi que des meubles sculptés (chaises, fauteuils).

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Porto-Novo : forgerons.
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Porto-Novo : forgerons.
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Porto-Novo : couturier.
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Masque et tabouret.

Panneau 6 : Les masques

Masques en Afrique

« C’est que, le fait est largement connu, les masques modernes sont liés à telle ou telle « société » de masques ; chacun a son histoire particulière, et peu s’en faut que l’on puisse dire « personnelle », car la personnalité du masque n’est pas un vain mot, depuis le triomphe de l’animisme. Personnalité mystique, dont Jean-Louis Bédouin peut fort bien écrire : ” Tout se passe comme si la face de bois du masque n’avait pas d’envers et que par ses yeux sans paupière filtrait non pas le regard d’un danseur mais la nuit originelle, d’où l’être mystérieusement a été tiré ” au commencement “, et il ajoute en toute vérité que le masque comble et réjouit l’esprit de l’Africain noir dans la mesure où il prouve à ce dernier qu’il est possible ” d’actualiser le temps mythique. ” »

 Jacques Bernolles Permanence de la parure et du masque africains G. P. Maisonneuve et Larose 1966

Si la provenance des masques demeure repérable pour les spécialistes, leur signification n’est pas entièrement élucidée. Certes, les masques servent à rendre hommage aux ancêtres, accompagner les rites de passage ou honorer un esprit particulier, cependant leur sens profond reste mystérieux.

Il existe une forte variété de masques puisque chaque tribu possède les siens et que ces tribus s’influencent entre elles.

«[.]nous sommes en présence d’une conception généralisée des correspondances universelles, de la présence de l’Esprit en tout, de la qualité d’incarnation de l’Esprit et non point de support que possède tout élément de l’ambiance universelle. »

Jacques Bernolles Permanence de la parure et du masque africains G. P. Maisonneuve et Larose 1966

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Les masques gèlèdè

« Les masques Yoruba, et tout particulièrement les masques gèlèdè, émanent de sociétés caractérisées à la fois par l’unité et la diversité autour d’une origine commune : la ville mère d’Ilé-Ifé, au Nigeria, où les Yoruba croient que le premier homme est apparu. Partant de là, nombre de groupes et de sous-groupes se sont dispersés le long du golfe du Bénin et dans son arrière pays, fondant plusieurs centaines de localités de toutes tailles. »

Josette Rivallain et Félix A. Iroko,  Yoruba Masques et rituels africains,Hazan, 2000

Afin d’assurer leur cohésion religieuse et sociale ainsi que leur protection, les Yoruba, depuis plusieurs siècles, se sont organisés en sociétés, certaines très fermées, d’autres plus publiques dont plusieurs survivent encore. Gèlèdè est une société secrète principalement originaire des régions de Kétou et de Savè.

La religion des Yoruba est le culte vodoun rendu à des « esprits » qui se partagent les différents domaines de la nature et des activités humaines.

« Dans la langue Fon, parlée au Bénin Vodun signifie une puissance invisible, redoutable et mystérieuse ayant la capacité d’intervenir à tout moment dans la société des humains. »

Laënec Hurbon, Les mystère du Vaudou, Découverte Gallimard 2004

Le vaudoun se rencontre d’abord en Afrique parmi les Fon, les Yoruba et les Ewe, dans le Golfe du Bénin, sur une aire qui s’étend du Ghana jusqu’au Nigéria et au Togo. Il s’est plus spécifiquement développé au Dahomey, actuel Bénin. L’ethnie, le village, la famille et le lignage sont à la base de l’organisation sociale. Chacun de ces groupes vénère ses propres vodu ouvodoun .

Le berceau de la tradition gèlèdè se situe à Kétou. Il s’agit d’un rite vénérant « les mères » qui sont souvent représentées par des oiseaux car les femmes âgées qui se réunissent la nuit ont la réputation de se transformer en oiseau. Ces « mères », femmes âgées, ne peuvent plus engendrer d’enfant et sont réputées détenir à la fois des pouvoirs bienfaisants (par exemple celui de favoriser la fertilité) et des pouvoirs malfaisants (par exemple la sorcellerie).

Autrefois les danses gèlèdè étaient organisées à la saison sèche, aujourd’hui elles ont plutôt lieu sur invitation. Les cérémonies ont pour fonction la régulation de la vie de la communauté. Ces cérémonies se caractérisent par la qualité de la danse et des parures.

La fonction des « masques », dont on dit qu’ils sortent sur la place publique est d’endiguer la colère des « mères » dont la bienveillance est indispensable à l’harmonie sociale. Les festivités sont organisées selon un rite : apparition de plusieurs masques précédent la venue d’Efe, le « grand masque ». La danse de ce « grand masque » débute obligatoirement après la tombée de la nuit.

« Efe est plus spécialement voué aux dangers et aux forces magiques de la nuit, incarnés par « les mères » qui viennent hanter les rêves, se transformer en oiseaux dont le bec rouge peut aspirer les forces vives des hommes pendant leur sommeil [.] Les membres de la société gèlèdè, par la beauté de leurs masques, la perfection de leur chant, de leur danse, et en invoquant la divinité Orunmila (à qui le dieu de la création a confié la protection des êtres humains), tentent de persuader les mères de transposer leurs pouvoirs maléfiques en forces magiques bénéfiques. Les chants leur sont dédiés ainsi qu’aux divinités, notamment celles de la forêt, réceptacle des esprits et abris des mères. »

Josette Rivallain et Félix A. Iroko,  Yoruba Masques et rituels africains,Hazan, 2000

Le grand masque Efe est porté par un homme expérimenté. Les spectateurs sont impliqués dans la cérémonie ce qui favorise la cohésion sociale.

Il existe aussi des gèlèdè de jour. Ils sont davantage voués au divertissement. Notons qu’au XXème siècle le rôle éducatif des masques gèlèdè s’est développé, par exemple pour favoriser la vaccination des enfants. Aujourd’hui on peut observer dans certaines villes une désacralisation des masques.

Panneau 7 : Recyclage et récupération

La pratique du recyclage est fréquente en Afrique, qu’il s’agisse de la récupération de déchets organiques, de plastique ou de métal. Selon un rapport d’études sur l’artisanat de recyclage réalisé en 2002, l’Agenda 21 National du Bénin « prescrit de maximaliser la réutilisation et le recyclage écologiquement rationnels des déchets. »

Une forme particulière de récupération des déchets à Cotonou consiste, pour les populations défavorisées, à gagner des terrains sur la lagune par la création de remblais en tous genres.

La récupération des « vides » est une activité essentiellement féminine qui consiste à collecter des bouteilles et des bidons afin de conserver diverses denrées alimentaires (huiles, bissap, cacahuètes, noix de cajou, …).

La récupération des métaux représente également une part importante des activités de recyclage. Une partie de la fabrication qui en découle concerne des produits utilitaires réalisés par des ferblantiers ou des forgerons.

Parmi ces produits on trouve essentiellement des lampions, des entonnoirs, des moules à gâteaux, des abat-jour, des seaux et autres outils destinés aux travaux champêtres.

La réalisation des ouvres du ferblantier comporte plusieurs étapes : le lavage, le séchage au soleil, le découpage et le perçage et éventuellement le modelage et l’assemblage au fer à souder.

La matière première des forgerons est constituée de ferrailles en tous genres récupérées dans des casses auto, ou des ateliers de tôliers, de soudeurs, de mécaniciens auto, de réparateurs de réfrigérateurs.

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Récupération : lampes à huile.
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Récupération : atelier.
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Récupération.
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Récupération.

Plus récemment et de manière encore très ponctuelle certaines villes du Bénin ont vu se développer des associations dont l’objectif est le recyclage du plastique telle l’association de Porto-Novo « Qui dit mieux ? ». En effet, la proximité du Nigeria – grand producteur de pétrole et exportateur de produits dérivés – engendre une prolifération d’objets et sacs plastiques sur le territoire béninois.

«  Grâce Dotou [.] mit six mois à confectionner un premier sac à partir des morceaux de sacs plastiques ramassés dans la rue, lavés, désinfectés et découpés en fines bandes, puis tissés. Au début, les femmes de Qui dit mieux ? stockaient les matières plastiques récupérées dans leur propre maison. En 1999, la municipalité a accordé à l’ONG un local dans lequel les femmes peuvent traiter les déchets plastiques ramassés. Y sont également exposés des objets d’art, des sacs de différents modèles, des pochettes, des chapeaux, des chéchias, des napperons, des couvre-verres, des poupées, des bibelots… »

http://courantsdefemmes.free.fr/Assoces/Benin/QDM/Qui_dit_mieux.html

Enfin il existe une activité de récupération à vocation artistique. Comme dans le cas des activités de récupération à vocation utilitaire les matériaux travaillés sont divers et dépendent de l’inspiration et de l’environnement des artistes.

Certains objets d’art sont fabriqués par des artistes forgerons qui travaillent et assemblent les pièces de métal en perpétuant la technique traditionnelle et en inventant un langage contemporain. Les précurseurs de cet art sont Théodore et Calixte Dakpogan, qui vivent à Porto-Novo dans le « quartier d’Ogou », du nom du dieu du fer ou de la guerre dans la religion vôdoun.

Aujourd’hui quelques artistes béninois ont acquis une notoriété internationale notamment par le biais de la valorisation de l’art de la récupération. A titre d’exemple le musée du quai Branly a ouvert son espace à l’art contemporain et exposé une installation de l’artiste béninois Romuald Hazoumé qui mélange récupération de déchets et esthétique vôdoun. On peut également citer Simonet Biokou qui a reçu une formation de forgeron et dont l’art découle. Il crée des personnages tirés de la vie quotidienne ou du panthéon vôdoun à partir de diverses pièces de métal récupérées telles des chaînes de vélo, des cylindres ou jantes de voitures, des réservoirs de motos, des boulons, ressorts.

Panneau 8 : L’agriculture au Bénin

La production agricole béninoise est divisée en deux principaux secteurs : les cultures d’exportation et la production vivrière.

« Quant aux cultures vivrières, leur production est encore mal maîtrisée. [.] Selon les statistiques officielles, les taux de croissance moyens des quatre principales productions vivrières, maïs, mil/sorgho, manioc et igname, entre 1990 et 1995, sont respectivement de l’ordre de 4,11 %, 4,02 %, 6,91 %, et 6,87 %. Mais, la croissance interannuelle de la production peut être négative, rendant ainsi très fragile la situation alimentaire du pays même si globalement celle-ci paraît stable. »

John O. Igué, Le Bénin et la mondialisation de l’économie , Karthala, 1999.

Selon les régions, il existe une variété de productions vivrières et une diversité des techniques employées (brûlis, buttes et billons, cultures maraîchères irriguées,.). Les principaux outils traditionnels sont la houe et le coupe-coupe, cependant la pratique de la culture attelée tend à se développer. Les cultures vivrières combinent une ou plusieurs céréales auxquelles sont associées différents tubercules et légumineuses.

L’élevage traditionnel présente également deux aspects. Le petit élevage (ovin, caprin, porcin et volaille) est le plus répandu. Il s’agit d’un élevage familial plus ou moins productif. L’élevage du gros bétail (bovin) est plus important économiquement mais plus limité, car l’eau et l’herbe fraîche manque durant la saison sèche et les maladies parasitaires et infectieuses menacent les bêtes.

Le petit élevage se pratique dans tous les groupes socioculturels tandis que le gros bétail est surtout élevé par les Fulbe (ethnie peul). Le bouvier conduit les bovins en transhumance à la recherche d’eau et de pâturage pendant la saison sèche.

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Bouvier peul
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Enclos à boeufs
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Greniers à grains.
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Transformation du manioc.

LA PÊCHE MARITIME

Si l’agriculture, au sens strict, occupe une large part de la population béninoise, la pêche est, quant à elle, l’apanage de groupes socioculturels qui se sont spécialisés dans ce type d’activités.

La pêche maritime traditionnelle est à ce titre la principale activité des Xwla (peuples de la région côtière). Elle se pratique à l’aide de différents filets ou encore à la ligne et la plupart des pirogues utilisées sont taillées dans de grands troncs d’arbre.

Les quantités de poissons concernées sont peu importantes, notamment en comparaison à celles dégagées par la pêche maritime industrielle. Cette dernière est essentiellement prise en charge par des sociétés étrangères sous contrat avec l’Etat béninois.

LA PÊCHE CONTINENTALE

La pêche continentale dégage des quantités annuelles de poissons et crustacés trois à quatre fois supérieures à celles de la pêche maritime traditionnelle. Elle se pratique dans différents milieux tels que les lagunes (Porto-Novo, Grand-Popo, Ouidah), les lacs (Nokoué, Ahémé, Towo), les fleuves et les rivières (Ouémé, Mono, Okpara, Mékrou, Pendjari, Niger).

Les principaux groupes socioculturels qui en ont fait leur activité de base sont les Tofinu (lac Nokoué, région de Ganvié), les Wéménu (vallée de l’Ouémé) et les Xuéda (région de Ouidah).

Les techniques employées sont diverses et dénotent une grande variété de savoir-faire. Les pêcheurs utilisent ainsi la ligne ou les hameçons sur flotteurs, les nasses et paniers divers, les pièges en poterie, les filets, les barrages et les acadja (parcs à poissons élaborés à partir de branchages et broussailles disposés dans l’eau et servant à la fois d’abri, de lieu de nidation et de frayère artificielle).

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Pirogues de pêcheurs à Sémé-Kpodji.
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Acadja : lagune.

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Bembé : maman poisson.

Panneau 9 : Aperçus sur l’alimentation béninoise

Le Bénin, et plus particulièrement la partie sud du pays, bénéficie d’une grande variété culinaire. Les plats quotidiens se composent principalement de viandes, de poissons (frais ou fumés) ou de fromage peul (unique fromage local) préparés en sauce, grillés ou encore frits.

Les accompagnements les plus fréquents sont : le riz, les beignets de banane (Aloko), la semoule et l’incontournable pâte (Wo). La préparation et les ingrédients de cette dernière diffèrent selon les régions. Le maïs et le manioc sont plus fréquemment utilisés dans le Sud du pays, tandis que le sorgho (sorte de lentille rouge) le mil et l’igname sont privilégiés dans la cuisine du Nord et du Centre. La région de Savalou est réputée pour sa production d’ignames de qualité et chaque année on y célèbre une fête en l’honneur de ce tubercule.

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Porto-Novo : kpété (porc grillé, sauce kpété et akassa).
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Porto-Novo : adoyo, igname pilé et sauce arachide.
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Parakou : sorgho, mil, maïs.
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Porto-Novo : jeunes filles pilant l’igname.

En milieu urbain et périurbain, on trouve de nombreux maquis et gargotes qui proposent quotidiennement diverses sauces accompagnant la pâte, le riz ou la semoule.

Les boissons, notamment les sodas et les bières, correspondent globalement à celles que l’on trouve en France ou ailleurs dans le monde. Cependant il est parfois possible de déguster, ou simplement goûter, des préparations locales comme le bissap (préparé à partir des feuilles d’hibiscus sabdariffa), adoyo (boisson sucrée préparée à partir de maïs fermenté), ainsi que différents jus de fruits fréquemment coupés avec de l’eau (citron, orange, ananas et plus rarement mangue et gingembre).

Enfin, il existe certains alcools locaux variant d’une région à l’autre, comme par exemple le vin de palme, le sodabi (eau-de-vie obtenue à partir de la distillation du vin de palme et servant à la préparation de divers alcoolats), ou encore le tchoukoutou (bière de mil très appréciée dans le Nord du pays).

Les Béninois sont également de gros consommateurs de beignets et fritures en tout genre. De nombreux stands (très souvent tenus par des femmes) proposent ainsi des beignets de haricots ou de bananes, de l’igname et du manioc frits, de la patate douce et de la banane frite, qui se dégustent accompagnés d’une purée de piments frais.

Les étals de fruits sont eux aussi très courants. Installés à proximité des écoles, églises, mosquées, bâtiments administratifs et autres lieux à forte fréquentation, on y trouve généralement des oranges pelées prêtes à déguster, ainsi que des mangues, papayes, noix de coco, ananas, bananes, sapotilles.

L’arachide, très prisée, se consomme sous différentes formes : fraîche, bouillie ou grillée, mais aussi en bâtonnets confectionnés à partir de la pâte résiduelle résultant de la préparation de l’huile d’arachide.

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Parakou : fromage peul, peau de boeuf et bananes.
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Natitingou : stand fruitier.
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Sémé : vente de coco à lait.

Panneau 10 : L’association MANIOC

 

L’association MANIOC a été créée dans le but d’établir des échanges culturels avec le continent africain de manière générale et avec le Bénin plus particulièrement. En effet, c’est à la suite de courts séjours dans ce pays d’environ 7 millions d’habitants, situé au cour du Golfe de Guinée, que certains membres de l’association ont eu envie de prolonger les contacts naissants.

Ces contacts peuvent être considérés comme des points d’ancrage pour la démarche fondatrice de MANIOC. L’intérêt porté aux échanges culturels s’inscrit dans le cadre de courants de pensées soucieux de rester critiques face à des conceptions du développement trop marquées par le modèle occidental.

« Aider les gens [.] ne consiste pas à les bousculer jusqu’à ce qu’ils atterrissent dans le paradis de quelqu’un d’autre ; aider les gens, c’est essayer d’introduire le changement comme un ami, c’est-à-dire une personne qui peut s’identifier à leur sagesse aussi bien qu’à leur folie et qui est suffisamment mûre pour laisser ces dernières prévaloir. »

Paul Feyerabend, in Serge Latouche, L’Autre Afrique, Entre don et marché, 1999.

L’objectif principal de l’association MANIOC est d’établir des espaces de communication entre des populations ayant des spécificités socioculturelles à faire partager en vue d’une meilleure compréhension, favorisant, à plus long terme, une meilleure entraide.

MANIOC a donc développé différentes formes d’échanges culturels par des actions conduites en collaboration avec le Club Bénin :

– Le jumelage entre le Lycée Jean Moulin de Draguignan et le Lycée Mathieu Bouké de Parakou,

– Des journées de rencontre avec l’Afrique autour de conférences, d’expositions, de musique, de contes et d’ateliers d’arts plastiques et d’écriture,

– Un partenariat avec l’école Tokplegbé de Cotonou,

– Un partenariat avec le Musée Ethnographique Alexandre Sénou Adandé de Porto-Novo.

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Elèves de l’école Tokplegbé   (2007)
tokp_accueilAccueil à l’écoleTokplegbé (2006).

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Le Club Bénin du Lycée Jean Moulin a été créé en 2003 dans le but   d’établir un réseau d’échanges culturels entre le lycée Jean Moulin et un lycée du Bénin, de fonder ces échanges sur la base d’une réciprocité et d’int égrer l’analyse du Bénin dans les programmes d’enseignement.

Dès l’automne 2003 le lycée Mathieu Bouké de Parakou devient partenaire du lycée Jean Moulin. Des élèves des deux établissements débutent des échanges par mail. Une première rencontre a lieu au lycée Mathieu Bouké en janvier 2004, lors de la création du club Draguignan-Bénin. Le club dracénois, participe à toutes les journées de rencontre avec l’Afrique. Chani, membre du club fait partie du groupe qui se rend à Parakou en novembre 2005. Le club Bénin accueille, en avril 2006, la délégation du lycée Mathieu Bouké dans le cadre du jumelage entre les deux établissements. Anne et Alicia participeront au deuxième voyage à Parakou en février 2007. Le club poursuit ses activités pour faire connaître les cultures béninoises et financer l’envoi de livres et de matériel correspondant aux demandes des béninois.

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Remise d’ordinateurs et de livres au lycée Mathieu Bouké.
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Remises de livres au lycée Mathieu Bouké (février 2007).

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Cérémonie de jumelage 7 avril 2006 au lycée Jean Moulin.